Communauté : Les libéraux français
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Économiquement, cette crise est une crise du “hors bilan”, résultat d’une

économie basée sur de la “monnaie de singe” et sur des spéculations financières

virtuelles, non régulées, générant un surendettement et une surconsommation

aberrants. Mais c’est surtout, plus profondément, du fait de son amplitude et de

sa durée, une crise système : nous ne sommes pas face à une simple bulle

spéculative financière ou immobilière mais face à l’équivalent d’un Katrina.

Les Américains attendaient un ouragan, ce fut un cataclysme équivalent à une

arme de destruction massive. Or les réponses actuelles correspondent à la

gestion d’un ouragan de niveau 1. Tous les rouages de l’économie sont touchés.

Aucun pays n’est épargné. Frappées de plein fouet par les effets de la récession,

les classes moyennes sont tétanisées…et de fait vont amplifier la crise.

C’est enfin une crise d’évaluation de nos risques : nos modèles virtuels

macro-économiques prétendaient que les digues tiendraient. Ils se sont trompés.

Notre système, qui prend ses décisions derrière des écrans plats, n’a plus

conscience de la réalité et trouve ainsi ses limites.

Quelles peuvent en être les conséquences ?

Cette crise va coûter très cher aux populations avec les risques d’explosion des

déficits publics, d’endettement des États, (cf. le cas de l’implosion de l’Argentine).

Elle va se traduire par des tentations de protectionnisme, de populisme, voire

de renationalisation des structures contaminées. Or, compte tenu de l’amplitude

de la crise, ces plans s’avèrent impuissants et inefficaces. Car les points de

rupture entre les institutions, les populations et les élites sont imminents et

explicites. Au-delà des sphères économiques et sociales, la crise ébranle la paix

sociale et la paix civile. Elle révèle des écarts énormes de perception et de vécu

entre générations et entre communautés. La “crise grecque”, comme celle de

nos banlieues en 2005, est un véritable laboratoire de chocs sociétaux que

l’actuelle configuration peut accélérer.

Comment envisager l’avenir ?

La gestion de la sortie de crise dépend du niveau de qualification de cette crise :

1, 2 ou 3.  Au niveau 1, celui d’une bulle spéculative, il suffit d’isoler les risques

de contamination et de trouver les antidotes techniques conventionnels.

Au niveau 2, celui d’une crise système de grande amplitude type titrisation,

il suffit de tenir le terrain en décentralisant les moyens au plus près des

populations et des organisations sinistrées. Dans ce cas de figure, le vecteur le

plus important est la communication opérationnelle, car la véritable bataille

est alors celle de la confiance. La sortie de crise suppose de retrouver la “frugalité”

nécessaire pour nettoyer les écuries d’Augias. Cela peut prendre plusieurs années,

comme ce fut le cas hier au Japon.

Mais la crise peut atteindre un niveau 3, avec rupture des équilibres de société,

désagrégation des modèles de gouvernance et implosion des territoires.

Ce scénario du pire n’est plus à exclure. La pression médiatique, la perte des

repères et des valeurs, l’inculture régnante, l’inadéquation de nombreux

jeunes avec le monde de demain, la montée des pressions confessionnelles,

le désenchantement ambiant, sont autant de feux qui alimentent la montée

d’une violence extrême et non contrôlable au sein de nos sociétés. Se posent

alors des questions de sécurité publique et de souveraineté. Faut-il raisonner

en termes de crise ou de guerre ? Dans ce cas, la sortie de crise serait très

longue : il faut dix à vingt ans pour qu’une communauté se remette de chocs

fratricides, voire intercommunautaires.

En conclusion, cette crise du “hors bilan” est celle de la fin du modèle

“collectiviste hédoniste” imaginé par l’Occident, au sein duquel tout le monde

peut profiter de tout et les États tout garantir. Ce qui est en cause derrière cette

crise, c’est notre “modèle mental” et notre “système de vie” basé sur de la

jouissance et le surendettement. Elle pose la question de la résistance et de la

résilience de nos populations face à des remises en cause profondes de nos

utopies matérialistes (la fin du pétrole et d’une économie énergétivore) et

hédonistes (culture du corps, de la santé, des loisirs…) issues des idéologies

nihilistes et collectivistes du XXe siècle. En ce sens, l’électrochoc causé

aujourd’hui par la crise peut à terme se révéler positif s’il engendre un sursaut

salvateur et un retour au réel.

Xavier Guilhou

Voici le texte reformulé plus simplement:

Imaginer une sortie de crise de la France n’est pas très compliqué en soi. Tout n’est qu’une question de courage et de détermination avec en sus un certain sens des priorités et j’en vois trois:

La 1ère chose est d’arrêter sans attendre cette hémorragie financière qui vide l’Etat de sa substance et asphyxie le pays avec un niveau d’endettement qui devient insupportable. Il est lié à un déficit public structurel démentiel, à la faillite de notre système de solidarité et surtout à un fonctionnement des dépenses de l’Etat qui ne sont plus sous contrôle. Il faut arrêter très rapidement, voire brutalement cette dérive comme ont su le faire les canadiens. Il faut surtout redonner aux circuits économiques les marges de manoeuvre dont ils ont besoin pour retrouver cette oxygène qui manque cruellement à notre pays. Il faut à tout prix éviter au pays d’être frappé d’aplasie, premier symptôme fatal d’une hémorragie.

La 2ème action est de remettre la socièté civile au coeur des grandes transformations que ce pays doit désormais entreprendre. Après trente années de dérives ou tout le monde a confondu la redistribution collectiviste et la satisfaction hédoniste, il est plus que temps de renouer avec la réalité. Pour cela il faut que nous fassions notre deuil des acquis d’un passé qui est révolu en mettant en oeuvre un nouveau contrat social et de nouveaux types de partenariats. Si nous ne voulons pas que les capitaux, les jeunes, les innovateurs partent et s’installent ailleurs il faut qu’ils soient autour de la table et qu’ils aient enfin leur mot à dire. Pour cela il faut qu’ils aient confiance et qu’ils y croient durablement. Il faut remettre les leaders au centre du jeu collectif.

La dernière action est de travailler sérieusement notre positionnement stratégique sur le moyen terme. Survivre, reconstruire n’a d’intérêt que si nous avons quelque part l’espérance d’une renaissance du pays. L’avenir du monde se joue du côté de la Chine, de l’Inde, du Brésil, cad sur d’autres mers, d’autres continents et d’autres univers de pensée et de vie que ceux qui ont contribués jusqu’à présent à notre richesse. Cela suppose surtout que nous sachions valoriser nos talents et imaginer sur quel type de leadership nous allons nous affirmer. Pour y arriver il faut dès maintenant réhabiliter le goût de la victoire et le sens de l’audace à tous les niveaux.

La crise actuelle, révélatrice de nos faiblesses structurelles
Comment mettre en place une gestion efficace de sortie de crise ? Xavier Guilhou est depuis trente ans l’un
des plus éminents spécialistes français du risk managementet de l’intelligence stratégique.
Pour lui, tout
dépend de la pertinence du diagnostic opéré quant à l’ampleur et la nature de la crise, puis de notre luci-
dité quant aux moyens à engager pour y faire face. D’où l’importance de faire preuve de réalisme.

Je vous présente un livre de X. Guilhou : Quand la France réagira…, par
Xavier Guilhou, Eyrolles, 268 p., 19euros.

Cliquez l’image, lire un aperçu global

Voici des passages:

Sortir de la crise par le haut.
“Empêcher le mouvement, l’action,
le renouveau est devenu le leitmotiv
de certains lobbies politiques, syndi-
caux et corporatistes en fin de
course. Ces derniers ont plus intérêt
à maintenir le pays dans un état
d’angoisse et de fébrilité qu’à l’en-
gager dans des prises de risque
dont ils seraient les grands per-
dants. Mais nous n’avons pas d’autre
alternative, si nous faisons le pari
d’une démocratie rénovée et d’une
certaine ambition stratégique, il
nous faudra assumer aussi le sens
de la victoire. Il nous faudra accepter
de porter cette promesse d’un autre
destin, d’un autre devenir et d’une
autre espérance que ceux que nous
gérons bien tristement aujourd’hui.
Pourquoi travailler cette “force de
caractère” et cette “force d’âme” si
nous ne voulons pas aller au-delà
des conventions et du convention-
nel ? C’est parce que nous avons ces
aptitudes et que nous l’avons
démontré à plusieurs reprises dans
notre histoire qu’il nous faut aller
plus loin et plus haut. Les peuples
qui sont sortis de grandes catas-
trophes historiques comme ceux de
l’Europe centrale, ou de grands
désastres tels ces Américains après
Katrina, m’ont tous indiqué cette
voie-là !”

Non à la culture Titanic ! –
“N’épousons pas la culture du
Titanic! Nous pouvons encore don-
ner tort aux Cassandre, non pas sur
l’inévitable déclin qui est déjà der-
rière nous, mais sur le tragique nau-
frage de notre pays qui est malheu-
reusement devant nous. Pour cela, il
nous faut être désormais obsédés
par notre survivance et notre renais-
sance plus que par notre jouissance
et notre bon plaisir ! Un sacré défi
pour un peuple qui se croit protégé
des ouragans et qui pense que la
mer est toujours belle et clé-
mente…”
Cultiver l’espérance et le volon-
tarisme

“Il faut croire en l’espé-
rance. C’est la seule chose qui nous
reste et c’est considérable. C’est pour
cette raison que nous nous en sorti-
rons en dépit de toutes les prévi-
sions négatives des modèles écono-
miques et de toutes les bêtises de
notre bureaucratie. Il nous reste
encore quelques fenêtres de tir,
sachons les utiliser à bon escient!“

Xavier GUILHOU

Spécialiste depuis 30 ans en :

 

  • prévention des risques
  • pilotage des crises
  • aide à la décision stratégique

Xavier Guilhou a depuis trente ans une pratique pluridisciplinaire de la gestion des risques et des crises au niveau international. Il a tiré de ses diverses expériences des réflexions et des grilles de lecture sur les ruptures qui impactent en profondeur nos organisations et nos univers de pensée ainsi que sur leurs conséquences concrètes en terme de management. Depuis 2005 il est associé gérant de XAG Conseil.

Son parcours est marqué par un triple cursus:

  • En entreprise où il a assumé des responsabilités opérationnelles et fonctionnelles dans de grands Groupes français dans le domaine du risk-management et du marketing.
  • Dans le domaine de la diplomatie, des armées, du commerce extérieur sur le pilotage des grandes ruptures géostratégiques et la dimension civile des crises.
  • Au sein du monde universitaire et des grandes écoles où il enseigne la “ géostratégie ” et “ l’intelligence stratégique”. Autour de ces thématiques, il a par ailleurs parrainé plusieurs mastères, formé et sensibilisé plus de 10 000 dirigeants d’entreprises et étudiants. Il a aussi conduit des programmes de recherche et piloté des actions collectives sur les questions de compétitivité économique et d’attractivité des territoires, de sécurité économique et d’intelligence stratégique.

Outre sa pratique du management des crises et sa capacité à manager des projets au niveau international, il est aussi connu pour les retours d’expérience et les actions particulières qu’il mène depuis 1990 autour des opérations de sortie de crise et de reconstruction dans des pays confrontés à des désastres naturels ou à des situations de post-conflit. Il accompagne ainsi plusieurs initiatives visant à faciliter des actions transverses et innovantes entre diplomatie, défense, monde économique et humanitaire.

De formation littéraire (historien et géographe) Xavier Guilhou est titulaire de plusieurs doctorats en Sciences Humaines et en Sciences Politiques. Il est aussi auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale) et Conseiller du Commerce Extérieur de la France.

Il a publié récemment “Quand la France réagira…” (Eyrolles février 2007). Il a par ailleurs participé à plusieurs ouvrages collectifs dont “ Ruptures Créatrices ” (Editions d’organisation/ les Echos éditions 1999) , et “Un Monde à repenser ” (Economica 2001). Il a aussi publié avec Patrick Lagadec : la “Fin du Risque Zéro ” (Eyrolles Sociétés/ Les Echos éditions 2002 ), avec Laura Bertone et Patrick Lagadec : “Voyage au cœur d’une implosion, ce que l’Argentine nous apprend” (Eyrolles 2003), avec Jean Marie Aoust, Claude Revel et Gilbert Canameras “Quand ONG et PDG osent” (Eyrolles 2004).

  • Fiche de présentation téléchargeable

AL’ain GENESTINE - Alternative Libérale

 

Lumières et Liberté est membre du réseau LHC , Recommandé par des Influenceurs

Par Alain Genestine
Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 09:59

Publié dans : Politique - Ecrire un commentaire
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