C’est par une déclaration sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’eau et de l’assainir que s’est terminé dimanche à Istanbul, en Turquie, le 5e Forum mondial de l’eau.


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Toutefois, les réactions sont mitigées et cette déclaration ne fait pas l’unanimité. En effet, la notion de « droit d’accès à l’eau », réclamée par bon nombre d’ONG et plusieurs pays,
ne figure pas au texte. Les délégués ont plutôt préféré utiliser celle de « besoin humain fondamental ».
Plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique, ainsi que la France et l’Espagne, ont tenté, en vain, de faire modifier le texte afin qu’il stipule que l’accès à l’eau potable et à
l’assainissement est un « droit » et non un « besoin ».
Aussi, plusieurs ONG ont regretté que les débats sur
la « diplomatie de l’eau » n’aient pas progressé.
Le document insiste sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement à travers le monde. Plus particulièrement, il parle de faire des économies d’eau, de lutter contre la
pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques, et de collecter et traiter les eaux usées.
En outre, le texte énumère un certain nombre d’engagements pour mieux gérer la demande en eau. Sur notre planète, 2,5 milliards de personnes en sont encore privées.
Pendant une semaine, plus de 25 000 personnes ont débattu des moyens pour protéger et pour préserver cette ressource. Les principaux défis sont la pression de la croissance
démographique et le réchauffement climatique.
Les villes de Marseille et de Durban, en Afrique du Sud, sont en lice pour accueillir la prochaine édition du Forum. Elle aura lieu en 2012.
Un investissement du Canada
Par ailleurs, le Canada investira 2,5 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer le Programme de l’eau du Système mondial de surveillance continue de l’environnement de l’ONU.
En effet, Ottawa a décidé de renouveler le financement de ce programme dont l’existence était menacée. Il s’ajoute à celui que le programme reçoit déjà chaque année, totalisant ainsi
4,5 millions de dollars.
Cette contribution servira notamment à accroître les activités d’évaluation de la qualité de l’eau et à établir des programmes d’échantillonnage de l’eau dans les pays en voie de développement.
Le Programme de l’eau du GEMS est basé à Burlington, en Ontario. Il fournit de l’information à propos des températures, de la teneur en métal et d’autres informations concernant la qualité des
eaux intérieures à 2700 stations d’observation dans le monde.
Plusieurs agences onusiennes dépendent de ces renseignements, et le programme offre également de la formation et des conseils pour la mise sur pied de programmes d’échantillonnage de l’eau aux
pays en voie de développement.
Une journée mondiale
Dimanche était la Journée mondiale de l’eau. Pour l’occasion, des activités de sensibilisation à l’importance et à la fragilité de cette ressource avaient lieu dans plusieurs villes canadiennes.
Instituée par l’ONU, à la suite du Sommet de Rio de 1992, la
Journée mondiale de l’eau avait cette année pour thème les eaux transfrontalières. En plus de la journée de l’eau, l’ONU célèbre aussi depuis 2005 la Décennie de l’eau.
Réaction côté français:
“Je suis déçue, car je pense que c’est un droit très important“, a expliqué Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, après la fin du Forum mondial de l’eau. Celui-ci, dans sa
déclaration finale, omet en effet le ’droit d’accès à l’eau” pour tous les humains, s’en tenant à une vague “besoin“. Comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans les
réunions internationales consacrées à l’environnement, la déclaration finale regorge de bons
sentiments, mais n’engage à rien de concret.
Seule touche d’optimisme, 300 parlementaires de 90 pays ont proposé jeudi 19 mars une série de mesures visant à mettre en place une gouvernance mondiale de l’eau. Alors qu’un milliard d’humains
n’ont pas accès à l’eau potable et que la consommation d’eau souillée est la première cause de mortalité, le collège présidé par le sénateur français Jean-François Le Grand a plaidé pour
l’instauration d’une législation sur le droit à l’eau et à l’assainissement.
“Incolore, inodore et sans saveur”
Mais la déclaration finale, jugée par le sénateur français comme “incolore, inodore et sans saveur”, ne retient rien de ces propositions qui restent cependant sur la table des futures discussions
(notamment la proposition d’une instance internationale capable de légiférer sur le sujet) d’autant qu’elles ont été reprises le 21 mars par la conférence ministérielle de clôture du Forum.
Pour les parlementaires, la diffusion des solutions de gestion de l’eau et d’assainissement ne deviendra pourtant possible qu’en renforçant la coopération entre pays en voie de développement et
pays développées. Au-delà de la simple aide financière, cette coopération suppose une aide technique des pays développés, incluant des transferts de technologie, des domaines comme
l’assainissement ou le dessalement d’eau de mer. Objectif : garantir la souveraineté des pays bénéficiaires dans la gestion de leurs ressources en eau. Pour financer le développement des
infrastructures nécessaires, le collège préconise l’ouverture d’un fonds issu d’une participation des pays développés à hauteur de 1 % de leur budget eau.


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AL’ain GENESTINE - Alternative Libérale

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