Source: JEAN QUATREMER à Bruxelles

 

Coulisses de Bruxelles, UE

Jean Quatremer

Le grand vainqueur pourrait sembler l’abstention qui a atteint partout des niveaux record. Une indifférence à l’Europe ? C’est l’expression d’un désenchentement à l’égard d’une UE qui se construit d’en haut. Mais elle est aussi perçue comme une nécessité incontournable. Les urnes ont été les plus désertées, notamment dans l’ex-Est là même où l’enthousiasme européen reste le plus fort. Scrutin sans enjeu direct apparent les élections européennes sont toujours favorables au vote populiste protestataire qui triomphe aux Pays-Bas avec le mouvement islamophobe de Geert Wilders ou en Autriche. Mais le plus souvent, malgré -ou à cause- de la crise, les électeurs ménagent les partis au pouvoir notamment ceux de droite aujourd’hui les plus nombreux à être aux commandes seules ou en coalition. En même temps s’affirment des mouvements contestataires/libertaires aux dépends d’une gauche réformiste incapable de représenter une réelle alternative.

 

En Belgique, les «verts» taillent des croupières à un PS wallon affaibli par les scandales ou apparaissent même pour la première fois sur la scène en Grèce même si là le PASOK devance nettement une droite au pouvoir usée par les scandales. Fait significatif: la gauche de la gauche piétine et notamment en Allemagne. Au travers du vote «vert», ou du choix de partis inclassables comme le «parti des pirates» en Suède c’est le désir d’un nouveau modèle de développement. Les parti socialistes et sociaux-démocrates peinent à trouver leurs repères alors que le «blairisme» agonise et que les vieilles recettes de l’Etat-Providence patine ou sont reprise par des droite qui n’hésitent plus à prôner l’intervention publique dans l’économie voire même à jouer la carte du nationalisme économique comme Silvio Berlusconi.

 

 

La droite et les libéraux vont donc, sans surprise, continuer à dominer le Parlement européen. Selon les premiers sondages de sortie des urnes, le PPE (démocrates-chrétiens et conservateurs) restera le premier groupe de la prochaine Assemblée, même s’il est loin de la majorité absolue: la CDU/CSU allemande perd, certes, quelques plumes (de 49 à environ 43 sièges), mais le PPE va recevoir le renfort du «peuple de la liberté» de Silvio Berlusconi. De même, la présence française au sein de ce groupe, grâce à la victoire de l’UMP, devrait être légèrement plus conséquente, tout comme celle des conservateurs espagnols ou de la droite libérale polonaise du premier ministre Donald Tusk. Le départ annoncé des conservateurs britanniques, qui vont fonder un groupe eurosceptique, devrait donc être plus que largement compensé. Le troisième groupe du Parlement sortant, l’Alliance des démocrates et libéraux européens (ADLE), devrait conserver sa place et même être légèrement renforcé après le scrutin de dimanche grâce à la percée annoncée du FDP allemand. La gauche, elle, loupe sa percée: le PSE devrait tout juste maintenir son étiage, en dépit des pertes françaises. Les Verts devraient aussi conserver de justesse leur quatrième place.

 

VOIR LA CARTE DES RESULTATS EN EUROPE

 

Source Slate.fr:

 


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Participation de 43,01% en Europe. France 40,28%


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Vainqueurs et vaincus des Européennes en France

Porte ouverte pour Barroso

 

Cette victoire projetée des partis de droite pave la voie à la reconduction du Portugais José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne.

 

L’ancien militant maoïste, devenu libéral convaincu, pourra compter, outre ses traditionnels alliés de centre droit, sur l’appui du Portugais José Socrates, du Britannique Gordon Brown et de l’Espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, chefs de gouvernements classés comme plus à gauche.

 

Cette vraisemblable reconduction de M. Barroso, dont le mandat arrive à son terme en novembre, se fera malgré les nombreuses critiques formulées à son endroit. Ses détracteurs lui ont notamment reproché d’avoir tardé à agir à la crise financière. Il a également été montré du doigt pour le rejet du projet de Constitution européenne et les difficultés à faire adopter le traité de Lisbonne.

 


L’abstention grand vainqueur des élections au Parlement européen. La triste réalité s’impose dans tous les pays. En moyenne, seuls 43% des 375 millions d’électeurs se sont déplacés entre le 4 et le 7 juin dans les vingt-sept pays de l’Union. Ils étaient 45,47% en 2004, lors du dernier scrutin. En France, l’abstention frôle même les 60%. C’est dire si l’on se sent encore peu citoyen européen dans les pays membres. La responsabilité des partis politiques est à cet égard importante. Dans la plupart des pays, la campagne a porté sur des questions intérieures, ce qu’ont renforcé des scrutins doubles, comme en Grande-Bretagne où le Premier ministre contesté a perdu les élections locales qui se déroulaient au même moment.

Les débats ont rarement porté sur la compétence du Parlement, sur les majorités qui pouvaient s’en dégager, sur les questions essentielles qui vont venir sur la table des députés européens dans les cinq ans à venir. Comme, par exemple, la Politique agricole commune, la lutte contre le réchauffement climatique ou la relance économique.

 

Le bon score des écologistes

 

Les gouvernements ont même cru de bon ton de faire savoir quelle était leur préférence pour la présidence de la Commission. La bonne compréhension démocratique voudrait que l’on attende la mise en place du nouveau traité qui permettra au Parlement d’élire le Président. Au lieu de cela, et comme aux vieilles habitudes, les gouvernements ont préféré les tractations de couloir que Juan Manuel Barroso, président en exercice, avait lui-même appelées de ses vœux en demandant aux chefs d’Etat de se prononcer avant même le vote de ces jours derniers.

Les citoyens qui ont voté ont souvent donné la prime à ceux qui justement parlé du Parlement et de ses enjeux. En France, la seule liste portant le nom Europe, « Europe-écologie » conduite par le député sortant Daniel Cohn-Bendit est de celle qui ont emporté des suffrages inattendus, dépassant la barre des 16%, voisine du score d’un parti socialiste en chute libre. Les listes à dominante écologiste font un bon score dans l’ensemble de l’Union, particulièrement en Grèce et en Suède, augmentant de près de 50% leur nombre de sièges (59 contre 42).

 

La victoire de la droite

 

Mais ce sont les droites européennes membre du Parti Populaire Européen déjà majoritaire au Parlement qui l’emportent de loin, en Hongrie (67%), en Pologne (45%), en Espagne (42%), en Italie (autour de 40%), en Allemagne (38%). Les socialistes grecs (36%), les sociaux démocrates suédois (25%) et danois (près de 30%) seraient les seuls à inverser cette tendance. En France, avec 28% des voix, le parti du Président Sarkozy réalise son meilleur score pour ce genre de scrutin, ce que le gouvernement explique par la bonne appréciation que les Français ont eu de la présidence française de l’Union au deuxième semestre 2008.

Enfin, à l’exception notable de la France, l’extrême-droite eurosceptique est en progression importante au Pays-Bas, en Autriche, en Hongrie et en Finlande. Un camp eurosceptique qui sera renforcé par le bon score du parti du Président polonais et des conservateurs anglais qui quittent le PPE pour fonder un nouveau groupe.

cliquez l’image source l’Express

 

AL’ain GENESTINE – Vice Président d’Alternative Libérale

 

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Par Alain Genestine
Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 20:03
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