A la veille de la Révolution, l'abolitionnisme est défendu en France par la Société des Amis des Noirs, fondée en février
1788 par Brissot. Elle compte parmi ses 130 ou 140 membres, l'abbé Grégoire et Condorcet, rejoints en 1789
par La Fayette, Mirabeau, le duc de la Rochefoucauld, le comte de Clermont-Tonnerre et le juriste Sonthonax.
Elle peut également compter sur la bienveillance de Necker et sur le journal de Brissot : Le Patriote
Français.
Trois éléments handicapent son action. D'abord, le discours abolitionniste ne se fonde pas sur un impératif religieux, au contraire de la Société anti-esclavagiste fondée à Londres un an
auparavant. Ensuite, il semble désarmé face au réalisme apparent des arguments économiques esclavagistes. Or, Benjamin Franklin et Adam Smith ont déjà souligné la moindre rentabilité de ce mode de production. Enfin, les Amis des Noirs prônent un abolitionnisme timoré et progressif, persuadés
comme Voltaire que les noirs sont inférieurs aux blancs.
Nous pouvons remercier sans doute Bonaparte de nous avoir rétabli en 1802 l'esclavage (ironie); Il aura fallu encore que des
libéraux interviennent en 1848 afin de l'abolir de nouveau, puis en 1861.
La Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage (2 décembre) rappelle la date de l'adoption par l'Assemblée générale de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui (résolution 317 (IV) du 2 décembre 1949).
Par la résolution 57/195 du 18 décembre 2002, l'Assemblée a décidé de proclamer 2004 Année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition. Le 28 novembre 2006, l'Assemblée générale a déclaré le 25 mars 2007 Journée internationale pour la commémoration du bicentenaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves (résolution 61/19)
« Lutter contre l’esclavage signifie non seulement interdire directement l’esclavage par la loi mais aussi lutter contre la pauvreté, l’analphabétisme, les disparités économiques et sociales, la discrimination fondée sur le sexe et la violence contre les femmes et les enfants. Nous devons appliquer les lois contre l’esclavage, mettre en place des mécanismes destinés à lutter contre de telles pratiques, renforcer la coopération bilatérale, régionale et internationale, y compris avec les organisations non gouvernementales d’aide aux victimes, et lancer des campagnes de sensibilisation. »M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU
2 décembre 2009
Des liens pédagogiques:
- Les horreurs de l'esclavage
- L'esclavage dans l'Antiquité
- Avalon Project at the Yale Law School - Documents on Slavery
- Guide to Sources for the History of Slavery
(University of Chicago Library)- Institute for the Study of Slavery
- La route de l'esclave: la mémoire engloutie du triangle de la traite
- Schomburg Center for Research in Black Culture (New York Public Library)
- Women's Human Rights Resources
(University of Toronto)
- Fonds de contributions volontaires sur les formes contemporaines d'esclavage
- Working Group on Contemporary Forms of Slavery
- Convention relative à l'esclavage (Genève, 25 septembre 1926)
- Protocole amendant la Convention relative à l'esclavage (1953)
- Convention supplémentaire relative à l'abolition de l'esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l'esclavage (1956)
UNESCO
Un parti politique est surtout fort de sa cohérence intellectuelle, de sa capacité à produire des idées
et à argumenter pour les défendre. Autrement dit, pour un parti d’idées comme le nôtre, la constitution
d’une véritable Université Libérale en son sein est essentielle.
Sabine HEROLD
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