Communauté : Les libéraux français
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UN PLAN LIBERAL DE RELANCE


 

Jacques Garello

Je salue avec toute la révérence voulue le plan de relance proposé par Monsieur le Président de la République. Il a choisi un plan keynésien et socialiste, puisque le New Deal et le retour de l’Etat sont les idées à la mode – et notre Président suit toujours la mode avec attention et talent.

Comme il est capable de remettre en cause le lendemain ce qu’il a décidé le jour même, je ne désespère pas de le voir adopter prochainement un plan libéral. Encore faut-il qu’il en connaisse le contenu, puisque voilà bien longtemps que les principes d’une économie de libertés ont été oubliés et enterrés dans notre pays. Je me fais donc un devoir de faire un rappel très succinct de ce qu’est un plan libéral de relance.
Commençons par dire ce qu’il n’est pas : ce n’est pas une relance par le plan. Les libéraux ne croient pas au plan, car ils savent que la science économique et la douloureuse expérience ont condamné l’économie de plan, l’idée d’une direction centralisée de l’économie confiée à des planificateurs de métier qui bénéficient de la science infuse et de l’irresponsabilité de leurs choix. Les libéraux ne croient pas davantage à la relance volontariste des autorités politiques, parce qu’ils savent que la libre entreprise et le libre échange sont suffisants pour relancer l’économie quand elle est accidentellement bloquée par les maladresses interventionnistes.

Positivement, les libéraux proposent d’en revenir à une idée simple, voire simpliste aux yeux de la masse des ignorants : le dynamisme de l’économie dépend de celui des entrepreneurs et des entreprises, et de leur aptitude à s’adapter au marché, c'est-à-dire aux préférences de la communauté des consommateurs libres de leurs choix. C’est ce que l’on appelle « l’économie de l’offre », par opposition à « l’économie de la demande », erreur analytique et utopique qui laisse croire que plus on dépense plus on s’enrichit, et qu’une insuffisance du pouvoir d’achat des particuliers peut être compensée par des dépenses publiques.

Puisque la clé de l’économie est l’offre, voici les trois piliers d’une « relance libérale » :

-          mettre fin à l’oppression fiscale,

-          rendre au marché sa flexibilité,

-          faire jouer la concurrence.

Lorsque l’Etat prélève plus de cinquante pour cent de la valeur produite par les Français, et transforme cette masse en dépenses publiques et en redistributions arbitraires, il leur enlève et l’envie et les moyens d’entreprendre, de travailler et d’épargner.

Lorsqu’un amas de textes et une foule d’interventions fixent les prix, les quotas, les salaires, les conditions de travail, l’exercice des professions, les normes sanitaires, sécuritaires, écologiques,

la liberté contractuelle est vidée de son sens, les rigidités et les déséquilibres s’accumulent.

Lorsque l’on subventionne ceux dont la productivité est insuffisante, quand on protège certaines activités au détriment de l’ensemble de la communauté, quand on introduit le patriotisme économique, quand on tolère le monopole d’administrations et entreprises publiques dans des secteurs marchands en vantant les mérites des « services publics à la française », on prive les Français des baisses de prix et des hausses de qualité dont bénéficient les autres peuples.

 

Vous le voyez, Monsieur le Président, c’est une toute nouvelle économie française qu’il faudrait bâtir, ou plus exactement libérer. Comme ce vaste programme, qui donne l’orientation et le souffle nécessaires, mettra sans doute plusieurs mois, sinon plusieurs années, à se réaliser,

voici quelques mesures qui ne manqueraient pas d’avoir une effet positif immédiat :

-          diminuer la progressivité de l’impôt direct, supprimer les impôts sur la fortune, sur l’épargne, sur l’entreprise ;

-          abolir les 35 heures, les emplois aidés, alléger les procédures d’embauche et de licenciement, alléger les charges sociales en supprimant le monopole de la Sécurité Sociale ;

-          respecter les engagements internationaux qui commandent la libre circulation des produits et services, des capitaux, des entreprises et des hommes, et qui interdisent toute discrimination et toute aide fondée sur la nationalité, ouvrir l’exercice des professions.

 

Je pourrai facilement allonger la liste de ces mesures, qui n’ont rien d’utopique puisqu’elles ont été prises avec succès dans nombre de pays étrangers.

Il va de soi que ces mesures d’urgence devraient s’accompagner des réformes plus fondamentales dont notre pays a besoin, et auxquelles il faudrait s’atteler dès que possible, même si leur réalisation prendra plusieurs années, voire générations :

-          réforme de l’Etat, réduction du secteur public à son minimum et véritable décentralisation ;

-          réforme de la protection sociale : retour à la médecine et à l’hospitalisation privées, ainsi qu’à l’assurance santé, abandon du système des retraites par répartition et développement de la capitalisation ;

-          réforme du système d’enseignement, avec libre choix des familles, concurrence des établissements et des diplômes ;

-          protection de l’environnement par la restauration et l’extension de la propriété privée.

 

Je comprends bien que ce « plan » ne sera pas du goût de tous ceux qui, par intérêt ou idéologie, ont installé chez nous la République des privilèges et des règlements. Vous ne pouvez pratiquer une réforme de la fiscalité sans vous voir accuser de « faire des cadeaux aux riches » (ce qui signifie en réalité rendre aux gens qui l’ont mérité l’argent qu’ils ont gagné au service des autres). Vous ne pouvez libérer le marché du travail sans vous voir opposer « l’exploitation et la précarité » (ce qui signifie en réalité donner à chacun un emploi en fonction de sa qualification et bénéficier de la mobilité professionnelle). Vous ne pouvez laisser jouer la concurrence sans encourir le reproche de « brader l’économie nationale » ou de « ruiner l’agriculture » (ce qui signifie en réalité faire comprendre aux producteurs qu’ils sont responsables de leurs choix de gestion et ne pourront vivre durablement aux dépens de la communauté nationale).

 

Vous voici donc confronté à des défis qui sont difficiles à relever. Vous êtes réputé pour votre courage, votre indépendance, votre énergie. Puissiez vous cesser de perdre votre temps avec des plans « politiquement corrects » sans aucune originalité ni efficacité, et faire bon usage de vos talents pour mettre en place le plan libéral de relance.


Le 5 Décembre 2008


Jacques Garello est Professeur Emérite à l’Université d’Aix Marseille III et président de l’ALEPS.
Par Alain Genestine
Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /Déc /2008 18:26

Publié dans : Politique - Ecrire un commentaire
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