Ou l'Europe version HUGO!
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Hier au soir, à la suite d'une réunion du comité Montesquieu (présentation de Vincent Mauricart) je marchais dans les rues de Bordeaux avec comme réflexion l'Europe dans ma tête (sujet abordé au
sein de notre entrevue). Puis arrivant place de l'Opéra, plus exactement devant le nouvel hôtel de luxe "le Régent", je me suis aperçu qu' au sol, face à l'entrée de ce palace, il y figurait une
grande plaque laiton offerte par je ne sais plus quel groupe bancaire. Y est inscrit une citation de Victor Hugo sur la nécessité de créer les Etats-unis d'Europe en marge de ceux existant en
Amérique. J'ai trouvé ce symbole hautement d'actualité, en conséquence de quoi j'ai dans l'idée d'effectuer ce post afin de faire un rappel de la pensée d'un visionnaire se nommant Victor HUGO , d'une pensée politique qui va évoluer, quitter le conservatisme et se rapprocher du réformisme. Voici partiellement certaines de ses
lettres, discours, pensées....de la nourriture pour préparer notre Europe du XXI, quant bien même HUGO prédestinais ces Lumières dès le XIXème siècle. Bien du retard comme nous pouvons le
constater ce jour, a qui la faute? Analysons notre politique du XXème siècle, voyons comment nos collectivistes se sont accaparés ce personnage.
Question: Victor HUGO était-il libéral sans le savoir?
Bien librement
AL'ain G
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"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe, qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis d'Amérique couronnent le nouveau.
Nous aurons l'esprit de conquête transfiguré en esprit de découverte ; nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des empereurs ; nous
aurons la patrie sans la frontière, le budget sans le parasitisme, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l'éducation sans l'abrutissement, la jeunesse sans la
caserne, le courage sans le combat, la justice sans l'échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le
joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans l'enfer, l'amour sans la haine. L'effroyable ligature de la civilisation sera défaite ; l'isthme affreux qui sépare
ces deux mers : Humanité et Félicité, sera coupé. Il y aura sur le monde un flot de lumière. Et qu'est-ce que c'est que toute cette lumière ? C'est la liberté. Et qu'est-ce que
c'est que toute cette liberté ? C'est la paix."
Actes et Paroles III, 2ème partie, Chapitre XII,
Lettre aux membres du Congrès de la Paix, à Lugano, 20 septembre 1872.
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Discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix.
"Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi
absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et
Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités
distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la
Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et
les esprits s'ouvrant aux idées. - Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat
souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! (Applaudissements.) Un jour viendra où
l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être! (Rires et bravos.) Un jour viendra où l'on verra ces deux
groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe (Applaudissements), placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits,
leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le
bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (Longs applaudissements.)
Victor Hugo
Le 17 juillet 1751, devant l'Assemblée législative, à l'occasion de la révision de la constitution, V. Hugo affirme la
nécessité de fonder les États Unis d'Europe "l'idéal des grands philosophes, réalisé par un grand peuple"..
Cette idée sera approfondie en exil, il définit alors les moyens qui devraient permettre de réaliser son idéal: "L'inévitable avenir de l'homme, c'est la liberté; l'inévitable avenir
des peuples, c'est la république; l'inévitable avenir de l'Europe, c'est la fédération. Suffrage universel, république universelle, voilà ce que fondera le XIXème siècle, voilà ce que recueillera
le XXème" (cité par H.Pena-Ruiz et J.P. Scot, Un Poète en politique , 2002)

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Paris, 1867 - L'AVENIR, Victor Hugo
"Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l'empêchera pas d'être libre.
Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une aînée. Elle s'étonnera de la gloire des projectiles coniques, et elle aura
quelque peine à faire la différence entre un général d'armée et un boucher ; la pourpre de l'un ne lui semblera pas très distincte du rouge de l'autre. Une bataille entre italiens et allemands,
entre anglais et russes, entre prussiens et français, lui apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre picards et bourguignons. Elle considérera le gaspillage du sang humain comme inutile.
Elle n'éprouvera que médiocrement l'admiration d'un gros chiffre d'hommes tués. Le haussement d'épaules que nous avons devant l'inquisition, elle l'aura devant la guerre. (....)
Cette nation aura pour capitale Paris et ne s'appellera point la France ; elle s'appellera l'Europe.
Elle s'appellera l'Europe au vingtième siècle, et, aux siècles suivants, elle s'appellera l'Humanité
L'Humanité, nation définitive, est dès à présent entrevue par les penseurs, ces contemplateurs des pénombres ; mais ce à
quoi assiste le dix-neuvième siècle, c'est à la formation de l'Europe."
AL'ain GENESTINE - Alternative Libérale

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