Dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a confié l’organisation des « Assises européennes de l’Innovation », qui se dérouleront cet automne,
à l’ancien ministre socialiste de l’Education nationale Claude Allègre. Dans une lettre, datée du 23 juillet, rendue publique jeudi par
l’Elysée, le président annonce au ministre que son objectif est de «
concrétiser et d’amplifier l’Agenda de Lisbonne
» et de «
faire en sorte que l’économie de la connaissance devienne effectivement un moteur du développement de l’Europe ». Pour ce faire, Claude Allègre est ainsi
chargé de « f
aire des propositions concrètes pour mettre en place cette nouvelle stratégie » et «
d’organiser à cet effet les Assises européennes de l’innovation à
l’automne 2008 ».
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Assises européenne de l’innovation : Claude Allègre prend les rênes
Un objectif ambitieux
L’Agenda de Lisbonne aussi appelée Stratégie de Lisbonne désigne la politique économique et de développement pour l’Europe entre 2000 et 2010. Fixé par le Conseil européen de Lisbonne en mars
2000, le programme vise à faire de l’Union européenne «
l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010 ». Un objectif ambitieux,
loin d’être atteint à moins de deux ans de son échéance : les chiffres des tableaux de bord annuels sur l’innovation stigmatisent, en effet, année après année le retard technologique pris
par l’Union sur les Etats-Unis, faute notamment d’investissements suffisants en Recherche et Développement (R&D).
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Forte de ce constat, et en vue de la présidence française de l’Union européenne (qui a démarré en juillet) un rapport de la mission sur « l’Europe dans la mondialisation » menée par
Laurent Cohen-Tanugi, visant à remettre l’Europe « sur les rails » pour les années à venir, avait été remis en avril à la ministre de l’Economie Christine Lagarde et au ministre du
travail Xavier Bertrand. Il préconisait notamment «
une gouvernance renforcée », et «
une contrainte plus forte pour les Etats membres ». Car selon Laurent
Cohen-Tanugi, «
les objectifs de Lisbonne ne sont pas suffisamment contraignants, puisqu’ils reposent sur le bon vouloir des Etats-membres ». La tâche de Claude Allègre ne
s’annonce donc pas facile.
En attendant, un colloque baptisé « Union européenne, recherche et PME : L’innovation en mouvement » , se déroulera les 15 et 16 septembre prochain au ministère de l’économie.
Durant deux jours, plus de 300 participants européens - responsables de petites et moyennes entreprises, experts et décideurs politiques - sont invités à faire émerger des orientations pour les
futurs programmes communautaires. L’objectif étant «
de garantir le meilleur impact économique des projets de recherche et d’innovation » précise le ministère.
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