Une étude publiée dimanche par la revue Nature Geoscience, et rapportée par l'AFP, donne une preuve de plus des conséquences du réchauffement climatique.
Les scientifiques n'écartent plus la perspective d'une fonte à grande vitesse des glaces du Groenland. Elle entraînerait alors une montée des eaux qui submergeraient une grande partie des régions littorales du globe.
L'ère glaciaire
L'équipe américaine rapporte qu'à l'ère glaciaire, la grande banquise des Laurentides (Inlandsis laurentidien) recouvrait la majeure partie du continent nord-américain. En fondant beaucoup plus rapidement que ce que l'on croyait, elle a déversé des milliards de tonnes d'eau dans les océans.
Or, cette découverte soulève de graves interrogations sur la pérennité future du Groenland. En effet, la hausse des températures de cette époque pourrait bien se reproduire d'ici la fin du siècle. C'est du moins ce que pense la climatologue Allegra LeGrande de l'Université Columbia à New York.
La fonte des glaciers était toujours apparue comme un processus extrêmement lent. Mais ces nouvelles preuves surgies du passé, couplées avec les modèles climatiques, nous montrent qu'il est tout sauf lent.
— Allegra LeGrande, climatologue
L'équipe du professeur Anders Carlson de l'Université du Wisconsin a fouillé les sédiments laissés par la banquise des Laurentides. Il y a environ 20 000 ans, cette couche de glace atteignait 3 kilomètres d'épaisseur.
Le réchauffement de la planète aurait été causé par une légère déviation de l'axe de rotation de la Terre, ce qui a davantage exposé la surface aux rayonnements solaires.
Selon des observations, la banquise aurait fondu en deux phases très rapides. La première, il y a 9000 ans, a provoqué une hausse du niveau des océans de 7 mètres, à raison de 13 millimètres par an. La seconde, il y a 7500 ans, a rajouté 5 mètres d'élévation avec 4 millimètres par an. En comparaison, le niveau des mers augmente actuellement de 3,3 millimètres chaque année.
Des projections
Or, les projections les plus élevées du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) pour la fin du siècle sont conformes aux données connues qui ont provoqué la disparition de la banquise à cette époque.
De plus, la taille du Groenland est nettement plus petite. Pourtant, selon des estimations, sa fonte totale provoquerait une élévation de la mer de 7 mètres.
Ainsi, selon des spécialistes des sciences de la Terre comme Mark Siddall et Michael Kaplan, ces nouveaux travaux portent à croire qu'une fonte du Groenland de l'ordre d'un mètre par siècle ne peut plus être écartée.
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Photo: AFP/Denis Sarrazin Le plateau de glace de Ward Hunt a commencé à se désagréger en juillet dernier. |
L'Arctique a perdu trois grands morceaux de glace au mois d'août. Le plateau de glace Markham, d'une superficie de 50 kilomètres carrés, s'est détaché de l'île d'Ellesmere. Le plateau de Serson a quant à lui perdu 122 kilomètres carrés en deux morceaux, soit 60 % de sa superficie.
C'est ce que signale une équipe de scientifiques à laquelle participe Luke Copland, directeur du Laboratoire de recherche sur la cryosphère de l'Université d'Ottawa.
Dans la même zone, le plateau de glace Ward Hunt se désintègre depuis juillet dernier. L'été se solde donc par une perte de 214 kilomètres carrés pour l'Arctique, soit presque la moitié de l'île de Montréal.
Vêlage: désagrégation d'une falaise de glace qui produit des icebergs. (Le Petit Robert)
Les morceaux à la dérive se sont eux-mêmes brisés en de multiples « îles de glace », souligne Luke Copland. Le chercheur explique ces vêlages par « des conditions de glace moins intenses et des températures atmosphériques inhabituellement élevées ».
« Les fissures importantes observées sur ce qu'il reste du plus grand plateau, Ward Hunt, indiquent qu'il continuera à se désintégrer au cours des prochaines années ».
— Luke Copland, chercheur à l'Université d'Ottawa
Du même souffle, le chercheur souligne que le plateau de Ward Hunt est le dernier du Parc national de Quttinirpaaq, situé au point le plus au nord du Canada.
Des changements irréversibles
L'un de ses confrères, Derek Mueller, ajoute que ces changements sont irréversibles dans le climat actuel. Les conditions environnementales qui ont préservé l'équilibre de ces plateaux de glace pendant 4000 ans ont changé, selon lui.
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L'île d'Ellesmere, au nord du Québec |
Les scientifiques rappellent que le Canada a perdu plus de 90 % de ses plateaux de glace au cours du siècle dernier, surtout lors d'une période chaude au cours des années 1930 et 1940. Ils s'inquiètent du fait que les températures dans l'Arctique sont encore plus élevées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient à l'époque.
Résultat: les plateaux de glace sont entrés dans une nouvelle période de ruptures en 2002. Les plateaux de l'île d'Ellesmere ont jusqu'à 4500 ans. Épais de 40 mètres, ils sont formés de glace marine, de neige accumulée et, dans certains cas, de glace glaciaire.
Un parti politique est surtout fort de sa cohérence intellectuelle, de sa capacité à produire des idées
et à argumenter pour les défendre. Autrement dit, pour un parti d’idées comme le nôtre, la constitution
d’une véritable Université Libérale en son sein est essentielle.
Sabine HEROLD
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