Les enfants et les proches d'Ingrid Betancourt sont arrivés à Bogota à bord d'un Airbus français, qui avait quitté l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, tôt jeudi matin.
Une trentaine de personnes, parents, amis et dignitaires, dont le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se trouvaient à bord de l'appareil.
Dès leur arrivée sur le tarmac, les enfants d'Ingrid Betancourt, Mélanie et Lorenzo, ont enlacé leur mère avec grande émotion. Sa soeur, Astrid Betancourt, et ses deux enfants ont aussi fait le
voyage en compagnie du premier mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, qui n'a jamais cessé de militer pour sa libération.
« C'est comme cela que doit être le paradis [...]. Ce sont mes enfants, ma fierté, ma raison de vivre, ma lumière, mes étoiles, et c'est pour eux que je suis restée en vie »
La fébrilité était aussi à son comble pour les enfants d'Ingrid Betancourt qui n'avaient pas vu leur mère depuis plus de six ans. Selon un reporter de l'AFP présent dans l'avion, Mélanie, 22
ans, a éclaté en sanglots quelques minutes avant l'atterrissage.
« Cela fait six ans et demi que j'attends ce moment et je vais lui dire que je l'aime », a déclaré pour sa part Lorenzo, 19 ans.
Ingrid Betancourt doit rentrer en France avec toute sa famille au cours des prochaines heures, selon un porte-parole de l'Élysée.
Ingrid Betancourt a été libérée mercredi, contre toute attente, à la suite d'une audacieuse opération orchestrée par les services secrets et l'armée colombienne qui a permis de libérer
quatorze autres otages, tous sains et saufs, du camp où ils étaient détenus dans la jungle colombienne. Trois Américains et 11 Colombiens ont ainsi été libérés en compagnie d'Ingrid
Betancourt.
Les trois Américains, employés d'une firme américaine en Colombie, qui ont été otages des FARC pendant cinq ans, sont arrivés jeudi à San Antonio, au Texas. Ils ont aussitôt été acheminés
vers un centre médical militaire.
Leurs proches se sont réjouis de leur libération, remerciant chaleureusement les autorités colombiennes.
Coup de maître des services secrets colombiens
C'est mercredi que le monde a appris avec joie et surprise qu'Ingrid Betancourt était finalement libre.
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Photo: AFP/Rodrigo Arangua
Le président de la Colombie, Alvaro Uribe, a reçu un concert d'éloges pour la réussite de cette audacieuse opération.
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Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a expliqué qu'une opération militaire héliportée avait permis la libération de ces 15 otages. Le ministre a raconté que des militaires
avaient réussi à infiltrer les rangs des rebelles responsables de la garde des otages et à gagner leur confiance.
Les agents ont ensuite dupé les rebelles en leur disant qu'un des leaders des FARC, désireux de rencontrer les 15 otages, avait envoyé un hélicoptère pour les transporter.
L'hélicoptère de l'armée colombienne avait été maquillé aux couleurs d'une fausse ONG pour tromper les rebelles, qui ont alors remis les otages sans méfiance. Une fois à bord de l'appareil,
les gardes rebelles embarqués à bord ont été maîtrisés par les militaires colombiens.
Selon ce que Mme Betancourt a expliqué à radio Caracol, les hommes de l'hélicoptère parlaient et étaient vêtus comme des guérilleros, certains portant même des t-shirts à l'effigie du
révolutionnaire Ernesto Che Guevara.
Elle a ajouté que les otages n'ont pris conscience de la ruse qu'une fois à bord de l'hélicoptère. Un des présumés guérilleros s'est exclamé: « Nous sommes de l'armée colombienne, vous
êtes libres ».
Pas un seul coup de feu n'a été tiré au cours de l'opération qui portait le nom de code Check, terme anglais relatif au jeu d'échecs.
Réactions à la libération d'Ingrid Betancourt
Concert de joie et de soulagement dans le monde
Un éventuel retour en politique
Questionnée par les journalistes sur son avenir politique, la sénatrice franco-colombienne affirme qu'elle veut d'abord s'accorder un moment de réflexion. Mme Betancourt n'exclut cependant
pas un éventuel retour dans l'arène politique colombienne.
« Je ne sais pas, je veux prendre une décision tranquillement, je ne veux pas brusquer les choses », a déclaré Ingrid Betancourt dans une entrevue accordée à France 2.
« Si je peux servir, je voudrais servir. Sinon, il y a d'autres façons de servir. Je voudrais simplement trouver un moyen d'être utile, celui qui sera le plus favorable », a ajouté
l'ex-candidate du Parti vert aux présidentielles colombiennes de 2002.
Une longue attente
Ingrid Betancourt était détenue par les FARC depuis février 2002. Elle avait été kidnappée, ainsi que son attachée de presse Clara Rojas, pendant qu'elle faisait campagne pour la
présidentielle comme candidate du Parti vert.
Mme Betancourt possède la double nationalité française et colombienne par son ex-mari, le Français Fabrice Delloye. Des négociations intensives ainsi que des tentatives de libération par le
gouvernement français ont été effectuées à plusieurs reprises. Le président français Nicolas Sarkozy en avait fait une de ses priorités en campagne électorale.
La médiation du président du Venezuela, Hugo Chavez, a mené à la libération de Clara Rojas en janvier 2008. La parlementaire Consuelo Gonzalez, capturée quant à elle en 2001, avait été
libérée au même moment.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont le plus ancien mouvement de guérilla marxiste d'Amérique latine. Créées en 1964, les FARC mènent depuis bientôt 50 ans une véritable
guerre de positions au gouvernement colombien soutenu depuis de nombreuses années par Washington. Les FARC sont aujourd'hui considérées, aux États-Unis et en Europe, comme un groupe
terroriste.
Les effectifs de la guérilla ont déjà compté plus 17 000 individus. Ils sont maintenant réduits à environ 9000 et vivent dans des zones reculées de la jungle colombienne. Le mouvement,
qui vit du trafic de la cocaïne et de prises d'otages en échange de rançons, a perdu trois leaders importants au cours de la dernière année dont Manuel Marulanda, fondateur du mouvement et
Raul Reyes, son bras droit.
Six ans de captivité
Ingrid Betancourt a finalement retrouvé sa « douce France » vendredi, après plus de six ans de détention dans la jungle colombienne.
L'avion de la Franco-Colombienne, où se trouvaient ses enfants, sa mère, des amis et des dignitaires français, s'est posé sans incident à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de
Paris, après avoir quitté Bogota en début de journée.
Sur le tarmac, Ingrid Betancourt a été accueillie chaleureusement par le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni.
« Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment. C'est un moment très très émouvant », a déclaré Ingrid Betancourt à sa descente d'avion avant de remercier le président Sarkozy et
les Français de leur soutien indéfectible pendant ses années de détention.
« Vous tous, qui avez partagé mon désespoir, le désespoir de ma famille. Vous tous qui avez cru que c'était possible que peut-être en luttant, en faisant des marches [...] en
envoyant des messages que j'ai effectivement reçus au fin fond de la jungle... Je suis comblée d'être aujourd'hui avec vous », a ajouté Mme Betancourt à l'adresse du peuple français.
Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment
— Ingrid Betancourt
À ses côtés, le président Nicolas Sarkozy a accueilli la politicienne franco-colombienne en déclarant: « C'est un message d'espoir que vous soyez là [...]. Ça veut dire à tous ceux
qui souffrent dans le monde et qui sont privés de liberté: "Eh bien rien n'est inéluctable". Vos bourreaux, vos tortionnaires, qui se sont si mal comportés, et malgré ça, vous êtes là,
libre, rayonnante, la vie devant vous et votre famille autour de vous. »
Devront nous remercier le Mossad? les américains(Mc Cain étant sur place)? ou 20 millions de dollars pour une junte??? ON a libéré, c'est l'essentiel au vue de la planète tout
entière, on a libérée une femme à 2% d'intention de vote, 3 américains de FS anti-drogue et qq officiers sup, ON c'est QUI, pas d'importance. Les ON, pourraient-ils penser aux RESTES
humains qui dans l'indifférence des médias, du monde, des politiques....sont toujours au mains de leurs geôliers marxistes, tiens en passant, c'est beau le socialisme. Respect pour
tous ceux qui RESTENT, les petites gens.....Bien librement ON. mais ON c'est QUI?
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Photo: AFP/Mauricio Duenas
Vidéo de la libération d'Ingrid Betancourt
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Le ministre de la Défense de la Colombie, Juan Manuel Santos, a dévoilé vendredi après-midi une vidéo de l'opération de sauvetage d'Ingrid Betancourt.
On peut y voir Ingrid Betancourt et les autres otages se diriger vers un hélicoptère, les mains liées. Les otages montent ensuite à bord de l'appareil. Peu après, ils apprennent qu'ils
sont désormais libres.
La vidéo, d'une durée de trois minutes, a été tournée par des militaires colombiens qui se sont fait passer pour des journalistes au cours de l'opération de mercredi.
En dévoilant les images, le ministre a précisé que la vie des otages n'avait jamais été menacée et qu'il ne croyait pas qu'il y aurait des représailles envers les autres otages, toujours
détenus par les FARC.
Le ministre en a profité pour faire le point sur l'opération de sauvage.
Il a nié catégoriquement toutes les rumeurs ou hypothèses qui se multiplient au sujet d'une rançon qui aurait été versée aux ravisseurs des quinze otages, dont Ingrid Betancourt, qui ont
été libérés mercredi.
Des médias avaient questionné la version des autorités colombiennes. La Radio suisse romande avait même affirmé que des FARC avaient reçu 20 millions de dollars pour libérer les otages.
Le ministre colombien a précisé que « tout est faux, pas un cent n'a été payé » aux ravisseurs.
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Le ministre colombien de la Défense a dévoilé la vidéo en compagnie de membres de l'armée colombienne
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Juan Manuel Santos a aussi tenu à préciser que l'opération de sauvetage était « 100 % colombienne ». Questionné par la presse qui voulait savoir si Israël ou Washington avaient
participé à l'opération, il a dit qu'il n'y avait « aucun étranger dans l'élaboration et l'exécution de l'opération ».
Rappelons que des membres des forces colombiennes ont réussi à infiltrer les FARC qui gardaient les otages. Ils ont ensuite trompé les FARC en leur disant qu'un des leaders du groupe
avait envoyé un hélicoptère en vue de transférer 15 otages. L'hélicoptère, aux couleurs d'une fausse ONG, appartenait à l'armée colombienne. Une fois à bord de l'appareil, les membres des
FARC ont été arrêtés.
Le ministre a précisé qu'aucun militaire n'était armé, même à l'intérieur des hélicoptères et qu'il n'y avait donc aucun danger pour la vie des otages, « c'était une opération
davantage basée sur le renseignement que sur le militaire », a-t-il dit.
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