Partager l'article ! La dette, çà date!: Philippe Séguin, le président de la Cour des comptes, a profité de la sortie d'un rapport de son institution sur les fin ...
"Les meilleurs instruments, les meilleurs comités, les meilleures programmations, le durcissement même des contraintes ne seront d'aucun effet si l'opinion publique ne comprend pas que le déficit a une conséquence : c'est la dette", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
La dette publique de la France s'élevait fin 2007 à 1.209,5 milliards d'euros, soit 63,9% du produit intérieur brut, alors que le pays n'était pratiquement pas endetté en 1980.
"La France a connu plus de 25 années de déficit sans interruption", a déploré Philippe Séguin. "Aujourd'hui, tout actif occupé a sur ses épaules un endettement de 47.000 euros, qu'il devra bien rembourser, lui et ses enfants. Et malheureusement, rien n'indique que ce chiffre soit appelé à décroître prochainement".
Pour la Cour des comptes, la situation dégradée des finances publiques, à contre-courant des autres pays européens, s'explique par deux causes.
"La première, et sans doute la principale, tient au dynamisme de la dépense publique dans notre pays", a dit Philippe Séguin. "Il y a dans notre pays une sorte de 'réflexe' qui fait que, en général, tout se termine toujours par de nouvelles dépenses publiques".
Ainsi la croissance en volume des dépenses publiques en 2007 a-t-elle été supérieure à la moyenne constatée sur les dix dernières années, a-t-il observé.
La seconde cause, selon lui, tient à la politique budgétaire menée en haut de cycle. "Force est de constater que dans notre pays, quand la croissance est forte, la politique budgétaire est généralement procyclique, c'est-à-dire qu'on en profite pour accroître les dépenses ou réduire trop vite les impôts au lieu de profiter du surcroît de recettes dû à la croissance pour rétablir l'équilibre", a-t-il expliqué.
50 MDS D'EUROS DE CHARGE DE LA DETTE EN 2007
Faute d'avoir, comme ses voisins, engagé depuis 20 ans des politiques de révision des programmes publics, la France est en passe de devenir le pays d'Europe où le poids des dépenses publiques est le plus lourd, avec plus de 52% du PIB.
"Nous avons même dépassé la plupart des pays d'Europe du Nord les plus socialisés", a noté Philippe Séguin. "Nous sommes au-dessus de tous sauf de la Suède ; et encore celle-ci qui a été pendant 30 ans au premier rang en Europe pour ce ratio (...) devrait passer derrière la France l'an prochain".
Or, a rappelé le président de la Cour des comptes, la dette a un prix et elle représente un coût pour l'avenir.
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Les intérêts de la dette ont représenté plus de 50 milliards d'euros en 2007, un chiffre en augmentation de 12% par rapport à 2006 et qui représente 2,7% du PIB - c'est-à-dire l'équivalent du déficit public.
"C'est plus que le budget de la Défense, plus que le budget de la recherche et de l'enseignement supérieur et c'est plus que le budget de l'Etat consacré à la solidarité et à l'intégration. C'est 2.000 euros par an et par Français employé, pour la seule charge des intérêts. Cette charge réduit à néant nos marges de manoeuvre", a-t-il dit.
"Notre dette aura aussi un coût pour l'avenir puisqu'elle devra être remboursée, un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre, par les citoyens", a-t-il souligné avant d'estimer que la France "ne peut s'isoler" par rapport et ses voisins.
"Il est en effet difficile de prétendre avoir quelque influence en Europe si nous n'en respectons pas certaines des règles des plus fondamentales", a-t-il conclu à une semaine du début de la présidence française de l'Union européenne.
Véronique Tison, édité par Pascal Liétout
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