« En
investissant peu à peu les lieux de décision, les
femmes contribuent fortement à l’innovation sociétale », estime Frédérique Clavel, présidente de l’incubateur
(1) d’entreprises de services innovantes « Paris Pionnières », spécialisé dans le soutien aux créatrices d’entreprises. Pour elle, les femmes font notablement évoluer les règles qui
régissent le monde du travail : « e
lles introduisent dans l’entreprise une nouvelle façon de manager, plus participative, moins hiérarchique. Elles sont beaucoup plus souples que les
hommes, notamment sur les horaires de travail, car elles focalisent plus sur le résultat que sur les formes. Elles imposent aussi une conception plus esthétique et éthique du produit. »
Un avis partagé par Marie-José Ley, conseillère en création et développement à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) : « nous soutenons 400 créateurs par
an, et je n’ai jamais vu un projet de développement durable porté par un homme. Les femmes sont plus sensibles à la démarche éthique. Elles sont aussi plus ouvertes aux besoins des clients,
plus sensibles à leurs attentes, et réagissent plus vite pour adapter leur produit. En ce sens, elles sont plus novatrices que les hommes, qui sont plus têtus. »
"Les femmes doivent être moins timides"
Conscientes de leurs atouts, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la création d’entreprises, puisque, selon Marie-José Ley : « elles représentent un
tiers des projets que nous soutenons, contre un quart il y a quelques années à peine. Mais de nombreux obstacles subsistent, notamment du fait que les interlocuteurs des jeunes créatrices
sont surtout des hommes. Pour présenter un projet, certaines belles femmes s’enlaidissent pour ne pas être jugées seulement sur leur apparence, car pour beaucoup d’hommes, beauté rime
toujours avec bêtise. » Autre difficulté que les créatrices d’entreprise doivent surmonter : «
leur manque d’ambition. Alors que les hommes gonflent sans problème les
chiffres de leurs projets, les femmes se montrent trop timides et ne sont souvent pas éligibles à nos financements », regrette Béatrice Jauffrineau, présidente du réseau Femmes
Business Angels, qui met en relation des femmes investisseurs avec des porteurs(teuses) de projets.
60 000 entreprises créées par des femmes en 2006
Un réseau unique en France, qui vise à renforcer le pouvoir de décision des femmes dans l’économie. Un objectif que suit également l’incubateur Paris Pionnières : depuis sa création
en 2003, il a reçu plus de 400 demandes en hébergement, a accueilli 72 projets en pré-incubation (préparation du dossier avant l’incubation), 17 en incubation, et a permis de créer 50
emplois. Hébergées au cœur du Sentier, les créatrices d’entreprise y reçoivent une aide spécifique : « on fait beaucoup de coaching pour travailler la confiance en soi, pour
démontrer aux femmes que leurs projets ont de la valeur, et pour booster leurs prétentions », explique Frédérique Clavel.
Selon une étude de l’Insee, plus de 60 000 entreprises individuelles ont été créées par des femmes en 2006, essentiellement dans les petits commerces et les services à la personne.
William Bolle,
source: http://www.parispionnieres.org/
(1) incubateur : lieu d’accueil et d’accompagnement des entreprises en création, qui héberge notamment leur siège social.
Un exemple à suivre, à développer
Capital risque : 5 % des « anges » sont des femmes

cliquez l'image pour lire, ce qu'est un SBA(voir dans pacte PME)
Depuis 2003, le réseau « Femmes Business Angels », premier du genre en Europe, réunit les franciliennes désireuses d’investir du
capital et du temps dans des projets de création d’entreprises innovantes. Favorisant notamment la mise en relation entre créatrices de start-up et femmes investisseurs, le réseau
s’efforce d’inciter ses membres à se départir d’une prudence financière qui n’est pas toujours profitable aux entreprises en phase d’amorçage.
Moins
d’un tiers des dirigeants d’entreprises français sont des dirigeantes, alors que les femmes représentent 46 % de la population active.
Afin d’atténuer cette disparité, et contribuer à renforcer le pouvoir de décision des femmes dans l’économie, Béatrice Jauffrineau a lancé en 2003 en Ile-de-France le premier réseau
européen de femmes business angels.
Baptisé tout naturellement « Femmes business angels », il réunit aujourd’hui une soixantaine de femmes - dirigeantes d’entreprises, cadres financiers, consultantes, experts
comptables, avocates -, déterminées à mettre leur capital, leur expérience et leur carnet d’adresses au service d’une cause : « aider les femmes à créer des
entreprises innovantes. Même si nos membres aident également les créateurs masculins, on constate qu’elles investissent dans 50 % des cas dans des projets portés par des femmes. De
leur côté, les créatrices d’entreprises ont envie d’avoir des femmes business angels à leurs côtés, car la confiance s’établit plus facilement entre des personnes qui partagent les mêmes
approches », explique Béatrice Jauffrineau.
Les femmes ne représentent que 5 % des business angels
Particulièrement sensibles aux projets porteurs de valeurs éthiques et solidaires, les membres de « Femmes Busines Angels » soutiennent essentiellement les créations
d’entreprises dans les domaines des services, des NTIC, de la culture ou de l’industrie.
Les rencontres mensuelles organisées par le réseau sont faites pour faciliter la mise en relation entre porteurs de projets et femmes business angels.
Mais par rapport aux hommes, l’appui que les femmes investisseurs peuvent apporter aux créatrices d’entreprises est limité par plusieurs facteurs. Leur nombre, d’abord : sur
l’ensemble de la France, elles ne représentent que 5 % des business angels.
Par ailleurs, ces femmes « sont rarement des dirigeantes de start-up à la retraite, comme c’est le cas pour beaucoup de business angels hommes. Elles ont donc toujours une
activité professionnelle et ne peuvent pas forcément s’impliquer humainement dans les projets autant qu’elles le souhaiteraient », explique Béatrice Jauffrineau.
Les femmes business angels ont moins le goût du risque
Surtout, les femmes business angels sont plus prudentes que les hommes dans leur soutien financier : « comme elles manquent parfois de confiance, parce qu’elles débutent
dans cette activité, elles se limitent dans leurs prises de risques et tendent à saupoudrer leurs investissements sur plusieurs projets plutôt que de tout miser sur un ou deux
seulement. »
Une prudence qui n’est pas toujours profitable aux entreprises en phase d’amorçage. "Bien que celles-ci recherchent aussi autre chose que des fonds auprès des femmes business
angels : des compétences, des contacts, et là, elles sont toujours satisfaites !"
Mais le réseau « Femmes business angels », après « s’être ouvert au plus grand nombre de femmes pour populariser le concept de business angel, va devoir mettre l’accent
sur ce qui est sa vocation première : aider les entrepreneurs, en privilégiant l’adhésion de celles qui sont prêtes à investir beaucoup. Mais pour l’instant, nous sommes toujours
dans la phase où il faut expliquer et former les investisseurs au métier de business angels. Et ça concerne d’ailleurs dans ce pays aussi bien les hommes que les femmes. »
Source :http://www.femmesbusinessangels.org/fba
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